Nos meilleurs voeux!

Bernard Bled, secrétaire perpétuel de l'Académie BBBBBChers Académiciens, Chers Amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous adresser mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Qu’elle apporte le meilleur pour vous-même et pour tous ceux qui vous sont chers.

2012 s’annonce lourde d’événements d’importance non seulement pour l’avenir de notre Pays mais aussi pour le reste du monde. Résolument optimiste, l’épicurien se refuse à sombrer dans la morosité et se montre confiant dans le futur : « Par Noé et par Bacchus, Gaudeamus ! »

L’année 2011 s’est heureusement terminée par notre sympathique dîner où nos épouses ont su enrichir la chaleur du banquet et la convivialité de l’évènement. Qu’elles trouvent ici l’expression de mon affectueuse gratitude à laquelle je joins mon espoir de les retrouver en 2012 à nos côtés dans une même circonstance.

Merci à tous et à chacun d’avoir été là, tout simplement.

En 2012, je souhaite que notre Académie se renforce et s’enrichisse plus encore par l’assiduité, la participation et l’action de tous ses membres. C’est à ce prix que nous remplirons du mieux qui soit les objectifs originels de notre initiative :

  • La connaissance et l’amour des vins et des terroirs et de ceux qui savent par leur talent et leur passion les magnifier,

  • La qualité et la chaleur des échanges et des rencontres qui constituent la seule vraie richesse de toute entreprise humaine.

Perpétuellement vôtre.

Le Secrétaire Perpétuel, Bernard Bled

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Stéphanie et Jean-Pierre Colinot

C’est en 2008 que Jean-Pierre a laissé les rênes du domaine à sa fille Stéphanie. Ses 12,5 ha sont commercialisés en bouteille et chaque climat est revendiqué, à l’inverse de la majorité des producteurs d’Irancy. Ses 2009 sont riches en couleur, fruit et tanins. « Les Mazelots » (14€), jus de cerise, nez de bois froid et tanins réglissés. « Palotte » (15€), avec 5% de césar (cépage apporté par les légions romaines) et sa matière resserrée, vieillira. Nez de burlat, « Les Cailles » (13€), à la minéralité salivante. Stéphanie fait goûter à son petit Paul les raisins, pour lui donner envie de s’enraciner dans ce pays de rouges où l’amphithéâtre de vignes prolonge l’écho de ceux qui ont planté ces coteaux.

Domaine Anita, Stéphanie et Jean-Pierre Colinot, 89290 Irancy 03 86 42 33 25

SOURCE: Cuisine et vins de France septembre 2011

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Christophe Durdilly – Domaine Croix-Rousse

La vigne est dans son ADN. Ses grands-parents cultivaient de la vigne dans le Beaujolais et ceux de sa femme, Christelle, à Rio Salado, dans la province d’Oran. Produire du vin est donc naturel chez eux. Mais avant de s’attaquer au vignoble, Christophe est passé par la sommellerie. Choisir, déguster, servir les plus grands vins est certainement la meilleure école. Puis un jour de 2005, le rêve se réalise. Ils achètent un domaine à Puget-Ville (dite la capitale du bon vin), adoptent une culture bio, suivent le calendrier lunaire et vinifient sous levures indigènes. Les vins se déclinent en rouge et en rosé (No Question 2010, 9€), avec une restitution très pure de l’encépagement, qui plus est original, et d’une culture respectueuse.

Domaine Croix-Rousse, 83390, Puget-Ville,  04 94 066 70 11

SOURCE: Cuisine et vins de France, septembre 2011

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Marcel Richaud – Domaine Richaud

Belle gueule, grande gueule: à Cairanne, son berceau, Marcel Richaud, adepte du vin « nature » n’a pas toujours fait l’unanimité. La rançon des pionniers… la jeune génération lui rend hommage: « il a contribué à la notoriété de notre appellation hors des frontières du village. » Dans les années 1990, il fut l’un des premiers à présenter ses jus dans les bars à vins de la capitale. Son nom se diffuse alors tout comme celui de Cairanne. Il n’en prend pas pour autant la grosse tête. On retient son côtes-du-rhône-villages-cairanne 2009 (11€), issu de raisins des quartiers Chantal, Combes, la Ridel, la Meyeaux et Paligot. Il combine au fruité gourmand du grenache la structure du mourvèdre. Il s’ apprécie tout de go, mais il a un bon potentiel de garde.

Domaine Richaud, 84290 Cairanne. Tél 04 90 30 85 25

SOURCE: Cuisine & vins de France, septembre 2011

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Jean-Pierre Rietsch – Domaine Rietsch

Epaulé par sa soeur et son beau-frère sur le domaine familial à Mittelbergheim, Jean-Pierre Rietsch façonne ses vins avec l’âme d’un sculpteur. Sa matière première? Les raisins issus de ceps cultivés sans chimie pour qu’ils portent l’empreinte de leur terroirs. Son outil? Ses sensations. A leur écoute, il dessine des vins sensuels, vibrants et harmonieux, dont certains sans soufre ajouté. Son pinot noir 2010 nature (7€), juteux, fruité et épicé, élancé est d’une « buvabilité » exemplaire. Le riesling Stein 2009 (10€) est citronné, profond et minéral. Séveux, plein d’énergie, le riesling Zotzenberg 2008 (12€) s’achève sur une séduisante finale saline. Le muscat 2012 nature Murmure (8€) exprime avec finesse et dynamisme son cépage.

Domaine Rietsch – 67140 Mittelbergheim – 03 88 08 00 64

SOURCE: Cuisine et vins de France, septembre 2011

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Martine & jean-Luc Quinquarlet – Domaine de Familongue

Après une vie déjà bien remplie – Martine à la poste de son village, Jean-Luc toujours dentiste à quelques maisons de là-, ce couple de Languedociens souriant est à la tête de 25 ha en Languedoc Terrasses du Larzac. Ils ont choisi de les mettre en valeur en insistant sur une conduite respectueuse de la biodiversité. Résultat, des vins à leur image, c’est à dire joyeux et communicatifs comme peut l’être cet IGP Mont Baudile 2008 (bientôt 2009) de pur carignan, cépage particulièrement à l’aise sur ce terroir pierreux et chaud où il côtoie souvent l’olivier. Ce rouge nous transporte à travers la garrigue pour un prix on ne peut plus aimable (6,20€) et nous offre même une perspective de garde (4 ans).

Domaine de Familongue, 34725 Saint-André-de-Sangonis. Tél 04 67 57 59 71.

SOURCE: Cuisine & vins de France, septembre 2011

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Les vignerons du Muscadet consacrent sept crus communaux

Du neuf en Pays nantais!

Depuis le milieu des années 90, les vignerons du Muscadet cherchaient à hiérarchiser leurs meilleurs terroirs: c’est désormais chose faite avec sept crus communaux!

Comme beaucoup d’autres, le vignoble du Muscadet traverse une période de crise et de ,remise en cause, il en profite pour questionner en profondeur l’identité de ses terroirs. De cette réflexion menée depuis le milieu des années 90, sept crus communaux ont été identifiés. Ils se nomment Goulaine, Clisson, Gorges, Mouzillon-Tillières, Monnières saint-Fiacre, le Pallet et Château-Thébaud. découpage géologique, mise en place de nouvelles règles de culture et de vinification (rendement maximum de 45 hl/h, élevage sur lies prolongé…), passage devant un jury de dégustation avant mise en bouteille… Le vignoble nantais a tout mis en oeuvre pour donner des lettres de noblesse à sa production. A l’heure où l’INAO vient de reconnaître officiellement les trois premières mentions communales (Clisson, le Pallet et Gorges), il nous a semblé utile de vérifier, verre en main, le bien-fondé de cette démarche.

Certains crus affirment leur identité. Premier constat de cette dégustation, les producteurs du Muscadet jouent parfaitement le jeu. La qualité des matières est indiscutable, l’aptitude au vieillissement indéniable (très beaux 2002 et 2003). Ensuite, des caractéristiques gustatives identitaires s’affirment pour certains crus. Les vins du terroir de Goulaine sont en générale épicés, camphrés, finement aromatiques et souples, avec un toucher de bouche velouté, presque lacté. Ceux de Clisson se montrent plus ouvertement fruités, salins et citronnés, plus longs aussi. Ceux de Gorges affirment un caractère austère, avec de la droiture et des saveurs souvent végétales ou racinaires.

Le travail des lies est une des pierres angulaires de cette démarche des crus communaux, l’élevage est parfois très long (jusqu’à six ans!), mais est-on bien sûr que les expressions aromatiques apportées par ces lies soient toujours très judicieuses, le terroir n’en pâtit-il pas? Au final il n’est pas certain que ce troisième niveau du muscadet – qui lorgne souvent vers les chardonnays bourguignons – dépasse en qualité ou même en typicité la production de certains vins étiquetés sur lie (on pense notamment à ceux de Guy Bossard et de Joseph Landron). La maturité alcoolique et la longueur de l’élevage ne font pas tout. On remarquera que sur une cinquantaine de vins dégustés seul le domaine des Cognettes se revendique de l’agriculture biologique (en conversion). La plupart de ces cuvées haut de gamme sont vendangées à la machine. Pierre Citerne

SOURCE: Article de Pierre Citerne in La Revue des Vins de France, n°555, octobre 2011

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Aurélien Grillet – Domaine de la Bonne Tonne

S’il a le prénom d’un empereur, Aurélien est avant tout un paysan. A 25 ans, il incarne cette nouvelle génération de vigneron(ne)s du Beaujolais qui font passer leurs convictions avant l’argent. En 2007, à la suite de son père et de son grand-père, il réduit le domaine (de 13,5 à 7,5ha) pour mieux travailler ses vignes en bio. Il offre à son gamay une vinification soignée pour en extraire toute la finesse. Le morgon Charmes 2009 (9,50€), fruit de velours aux tanins polymérisés, est parfait aujourd’hui. Le Vieilles Vignes 2009 (15,50€) est né d’une micro récolte de 700 bouteilles et de quelques magnums. Des notes suaves et réglissées tapissent la langue avec une finale sur le noyau de prune. Se garde 10 ans.

Domaine de la Bonne Tonne, 69910 Villié-Morgon, 04 74 69 12 22

SOURCE: Cuisine et vins de France, septembre 2011

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Céline et Isabelle Meyer – Domaine Josmeyer

C’est un trio qui poursuit l’esprit impulsé par Jean Meyer: ses deux filles, Isabelle et Céline, ainsi que Christophe Ehrhart. A la vigne, dans les chais, au caveau, dans les bureaux… chacun a ses missions, mais le même objectif: faire des vins qui se nourrissent de souvenirs de famille, des terroirs cultivés en biodynamie, des artistes qui dessinent leurs étiquettes… Ici, les idées fourmillent pour suggérer l’accord qui fera mouche: le muscat Les Grands Voyageurs 2010 (12,15€) sur les agrumes, le raisin frais et les épices avec un avocat aux crevettes; le gewurtztraminer Les Folastries 2010 (16,30€), élégant, frais, droit avec une salade saumon fumé-céleri rave; le pinot gris Grand Cru Brand 2008 (29,90€), sec, dense, tendu, terrien, sur les agrumes avec un risotto aux morilles…

Domaine Josmayer – 68920 Wintzenheim, 03 89 27 91 90

SOURCE: Cuisine et vins de France, septembre 2011

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Adieu les vins de pays, bonjour les IGP (Indication géographique protégée)!

Depuis 2009, c’est presque imperceptiblement qu’est conduite l’une des plus importantes réformes du vignoble français. Revue de détail, par Philippe Maurange et Alexis Goujard.

Depuis le 1er août 2009, étape finale de la réforme du secteur viti-vinicole de l’Union européenne, la dénomination française Vin de pays (VDP) a disparu pour être remplacée par la dénomination Indication géographique protégée (IGP)… L’idée est née d’une volonté européenne d’harmoniser les nombreuses réglementations en vigueur en les regroupant sous un label qui existait déjà pour les produits agro-alimentaires.

Plus de libertés: Cette réforme apporte plusieurs changements: choix de cépages plus larges, élaboration des vins hors de la région d’origine autorisée, possibilité d’ajouter jusqu’à 15% de raisins provenant d’une autre zone, millésime et cépages différents de ceux figurant sur l’étiquette… Mais au moins 85% des raisins doivent être récoltés dans la même année pour bénéficier de la mention du millésime. La proportion est la même pour jouir de la mention du cépage. A noter également, l’autorisation des copeaux et une tolérance d’un plus haut niveau de sucres résiduels dans les vins.

Cette réforme offre aussi plus de libertés en ce qui concerne l’étiquetage. Désormais avec la nouvelle mention IGP, il sera possible d’indiquer sur son étiquette beaucoup pus d’informations, la plus important étant l’indication du cépage! Enfin, ces IGP, comme les anciens vins de pays, peuvent provenir d’une région (IGP d’Oc), d’un département (IGP de l’Hérault) ou d’une zone plus localisée (IGP des Alpilles).

Reste aux consommateurs à faire preuve d’une grande sagacité pour distinguer dans les rayons les étiquettes presque identiques d’un vin d’IGP et d’un vin de France ( équivalent des anciens VDQS). Bonne chance à eux!

Pour mieux cerner les réelles incidences de ces nouvelles règles dans l’élaboration des vins, nous avons donc décidé d’organiser une vaste dégustation de VDP et IGP français. Pas moins de 275 vins de tous les vignobles français ont été dégustés dans les millésimes 2008 ( avant la mise en place de la réforme) et 2009 ( premier millésime après la réforme).

Des vins passionnants: Dans cette masse de vins, nous avons décelé un grand nombre de cuvées marquées par des styles très internationaux: chardonnays richement boisés, lourds et confiturés, syrahs et merlots richement colorés, aromatisés aux copeaux, qui ne se sont distingués que par un excès de puissance en alcool. Mais en face de ces vins sans intérêt, une élite se dégage avec des cuvées de grands race. Dans le Languedoc-Roussillon, Olivier Jullien et Gérard Gauby produisent des vins singuliers en raison du choix des cépages locaux et des terroirs. En Provence, dans les Alpilles, avec le domaine de Trévallon (qui change pour la sixième fois d’appellation depuis sa création dans les années 70…). Une dégustation passionnante qui a fait ressortir la large diversité de ces mentions régionales, de ces niches si éloignées des célèbres appellations et qui méritent l’intérêt des amateurs de belles bouteilles originales!

SOURCE: Auteurs: Philippe Maurange & Alexis Goujard, Revue des vins de France, octobre 2011

 

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